29 juin 2011

Les grandes marques de cosmétiques conventionnelles se mettent au vert... ou pas !


Pas mal de fabricants issus de l'industrie cosmétique conventionnelle se mettent au vert. Cette tendance a le don de m'énerver car j'estime qu'ils n'ont aucune (mais alors aucune) légitimité dans ce secteur. Leur principale motivation se résumant plus à séduire de nouveaux types de consom'acteurs en surfant sur la vague "so trendy" du retour à la nature et aux traditions. J'en viens alors à me demander avec une pointe d’amertume, si le naturel et le bio ne sont devenus définitivement des armes marketing pour attirer le chaland (un peu naïf) dans les rayons des parfumeries et des GMS.



Méfiez-vous des slogans marketing
Les industriels savent exploiter avec finesse ce créneau dans la publicité et le packaging. Les messages clés employés dans leurs produits de beauté dits naturels sont le plus souvent :

– nature : on sous-entend que ces produits vous livrent la nature brute une et indivisible.
– soin : on affirme que des principes actifs vont soigner votre peau ou vos cheveux par définition malades et pouvant être soignés de l’extérieur
– artisanat et tradition : on prétend que les produits sont élaborés par des procédés traditionnels hérités de la sagesse populaire du passé
– technologie de pointe : on vous rassure et vous désigne comme privilégié(e) de ce qui se fait de mieux sur le moment.

J’ai eu l’occasion de lire un article très intéressant sur le site econovateur où un groupe d’individus dans le style UFC Que Choisir se sont rendus dans des boutiques en propre, un supermarché et une pharmacie et ont sélectionné des gammes de produits issus des marques The Body Shop, Yves Rocher, L’Occitane, Phyto, Garnier, le Petit Marseillais, Phocéenne de Cosmétique, Dove, Klorane, Palmolive, Cottage, Ushuaïa, Tahiti, P’tit Dop, L’Oréal Kids, Monsavon, Laura Ashley, et divers produits sans marque particulière et ont étudié en détail les étiquettes. J’ai sélectionné les résultats qui m’ont paru les plus pertinents:

L’ARGUMENT NATURE

– « Bio-cure » chez Diadermine et « Bio-vitalia » chez Yves Rocher: aucune trace de bio, ni de naturel dans la composition.
– « Nature pour l’Homme 93 % d’ingrédients naturels » mais il s’agit d’eau et d’alcool. Le reste étant 100 % chimique (colorants, parfums et conservateurs).
– Le pur slogan marketing par excellence « Il y a dans la nature des ressources immenses pour la beauté des femmes ». Pourtant on retrouve des ingrédients de synthèse bon marché + des extraits de plante ajoutés à de l’huile de paraffine + des silicones.
– « Eau de Cologne naturelle » : cocktail explosif d’un-oxydant suspecté d’être cancérigène, de polyéthylène glycol (PEG), d’un filtre protecteur de synthèse contre la lumière toxique et de cinq colorants synthétiques tous non recommandés, dont un est interdit aux USA dans la zone des yeux.

L’ARGUMENT SOIN

– « Douceur, extra doux,.. »: ces appellations peuvent cacher des formulations corrosives et allergisantes. Méfiez-vous en car si ils donnent cette sensation de douceur, ces produits sont en réalité des huiles minérales dérivées du pétrole qui empêchent les pores de respirer en déposant un film occlusif sur la peau. Ils ne devraient pas être utilisés quotidiennement.
– « Lait au pamplemousse » : une synthèse d’acide citrique et de parfum pamplemousse. Pas une once de vrai pamplemousse là dedans.

Et dans la même gamme d’une marque :
– « Douche aux huiles essentielles fleur de passion » : sa composition n'indique aucune huile essentielle et pour cause cette huile essentielle n’existe pas. Il s’agit donc d’un parfum recrée, comme l’indique fort honnêtement le dos de l’étiquette.
– « Douche Monoï » : 0,3% de vrai extrait de monoï, le reste est recrée.

L’ARGUMENT ARTISANAT ET TRADITION

Une grande marque connue pour son image « artisanat et tradition » propose des produits de qualité très irrégulière :
– la silicone et la paraffine dans les laits, de la silicone pour adoucir un shampooing qui n’a rien de spécialement doux par ailleurs, la paraffine (très bon marché, très stable) côtoie un zeste de cire d’abeille dans les parfums solides et le maquillage.
– certains produits ont une composition correcte, mais leur prix très élevé n’est justifié que par l’image artisanale qu’elle se donne (2 à 3 fois plus cher que les deux marques naturelles les plus répandues).

L’ARGUMENT TECHNOLOGIE DE POINTE

L’Oréal joue la carte des liposomes chargés de véhiculer les principes actifs jusqu’aux cellules. Or la plupart sont détruits à l’extérieur de la peau. Certains de ces liposomes peuvent déshydrater et renforcer des carences de la peau au lieu de l’hydrater.

La palme de l’arnaque « high-tech » revient à une marque vendue en pharmacie, faisant référence à la phytothérapie, et qui contient quelques extraits de plantes parmi beaucoup d’ingrédients chimiques ordinaires. L’arnaque est flagrante car les ingrédients sont issus de la chimie lourde, en contradiction flagrante avec la phytothérapie traditionnelle qui utilise des matières premières quasi brutes.

L’originalité de la marque en question est d’avoir surligné en bleu ou en vert sur les étiquettes les ingrédients « d’origine végétale », pour les distinguer de ceux qui ne le sont pas. Seulement voilà, les matières premières végétales sont traitées de telle manière qu’on ne peut pas considérer le résultat comme un ingrédient « naturel ». Et pour certains ingédients tels que le PEG ou le polyquaternium, l’appellation « origine végétale » est clairement abusive.


Savoir différencier les cosmétiques bio des cosmétiques synthétiques.

Les excipients (les matières de base):
La cosmétique bio utilise des excipients composés de matières premières végétales brutes (qui sont elles-mêmes une mine de principes actifs). Par exemple, les huiles, les cires et les beurres végétaux, qui, en plus de leurs vertus nutritives, agissent en harmonie avec l’organisme et préservent le film protecteur naturel de l’épiderme.
Les excipients utilisés en cosmétique conventionnelle sont des matières premières issues de la pétrochimie (exemple : les huiles minérales). Bon marché et faciles d’emploi, elles sont très avantageuses pour l’industrie cosmétique, mais moins pour la peau qu’elles empêchent de respirer en formant un film occlusif. Quant aux huiles de silicone elles donnent des textures douces et fluides, mais sont très peu biodégradables et nuisent à l’environnement.

Les principes actifs :
La différence provient de la qualité et de la quantité de principes actifs ainsi que du mode de leur fabrication. Certains cosmétiques bio contiennent plus de 20% de principes actifs alors que les cosmétiques synthétiques peuvent en contenir moins de 1%. D’ailleurs l’origine exclusivement naturelle des principes actifs fait toute la richesse des cosmétiques bio.
Contrairement aux molécules actives isolées synthétiquement, un extrait naturel conserve sa structure originelle et peut contenir des dizaines de molécules actives.

Les additifs :
En cosmétiques bio ils doivent être limités à l'indispensable : sans colorants ou parfums. Les huiles essentielles, par exemple, ont à la fois un pouvoir parfumant, des propriétés de conservation et une action sur la peau. Contrairement aux produits conventionnels, elle est très concentrée en actifs, qui peuvent représenter jusqu’à 95% de sa composition, contre 10% maximum en conventionnel.

La certification :
Un cosmétique est dit biologique si il a bénéficié d’une certification de type Ecocert, Nature et Progrès, BDIH, etc.. Des mots comme biologiques, naturels et hypoallergéniques sont devenus tellement banals qu’il faut être prudent et lire les étiquettes. .


Dans un prochain billet je vous ferait part de mes impressions vis à vis de deux gammes vendus en GMS: Nivea Pure & Natural (pas si natural que ça) et Diadermine Bio (rien que l'association des deux noms est étrange)...

A bientôt !

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3 comments:

Merci pour cet article très intéressant! C'est vrai que c'est vraiment énervant et lassant de voir certaine marque utiliser le bio comme argument marketing !
Autant j'avoue ne pas utiliser de bio pour le visage donc ne pas me fier à cet argument, autant pour les cheveux je regarde les compos et c'est souvent très agacant de voir des shampoings à l'argan, karité ou beure de mangue qui n'en contiennent en réalité que 0,5% (comme l'exemple du "douche monoi")

Je me suis faite avoir avec un après shampoing Timotei acheté à la va-vite ! J'aurais du me reprendre un So'bio etic...

@ fadext0gether : exactement! J'espère que les gens arrêteront de se faire avoir! :)

@ l'éponge : il faut toujours retourner à ses premiers amours ;)

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